Cours BUT Info

Probas simples

Univers et événements, le vocabulaire ensembliste, la définition d'une probabilité et ses propriétés, l'équiprobabilité — puis la fiche de TD n°2 corrigée, avec les paradoxes des deux enfants et des anniversaires.

Deuxième grande partie : on passe du « combien de cas ? » (Leçon 1) au « quelle chance ? ». L'idée tient en une phrase : une probabilité, c'est un comptage de cas ramené à une part du total. Tout le dénombrement de la page précédente devient donc une machine à fabriquer des probabilités. Cette page suit la Leçon 2 : le vocabulaire, la définition, les propriétés, l'équiprobabilité — puis la fiche de TD n°2 corrigée, avec deux paradoxes célèbres en bonus.

Cours

Le terrain de jeu : expérience aléatoire et univers

Une expérience aléatoire, c'est une expérience dont on ne peut pas prédire le résultat à l'avance : lancer un dé, tirer une carte, appeler quelqu'un au téléphone sans savoir s'il répondra. On ne sait pas quel résultat va sortir — mais on sait souvent quels résultats peuvent sortir. La liste complète de tout ce qui peut sortir s'appelle l'univers, noté Ω (la lettre grecque « oméga »). L'image : Ω est le menu complet du hasard — toutes les cartes que le jeu peut tirer, une par ligne.

Le choix de l'univers dépend de ce qu'on observe, et c'est là que beaucoup se font piéger. Les trois exemples du cours :

  • on lance un dé et on regarde le numéro : Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6} ;
  • on lance deux pièces et on note la pièce 1 puis la pièce 2 : Ω = {PP, PF, FP, FF} — quatre résultats, car PF et FP sont deux tirages différents (la pièce 1 n'est pas la pièce 2) ;
  • on lance deux pièces et on compte les Face : Ω = {0, 1, 2} — trois résultats seulement, car « PF » et « FP » donnent le même compte.

Même lancer, trois univers : tout dépend de la question posée. Et le choix de l'univers change la suite des calculs — d'où l'importance de l'écrire avant de commencer.

Les événements : des paquets de résultats

Un événement, c'est un ensemble de résultats de l'univers — un « paquet ». L'image : si Ω est la playlist complète du hasard, un événement est une playlist thématique qu'on fabrique dedans (« tous les morceaux qui font plus de 3 minutes »). Un événement élémentaire ω, c'est un seul résultat — un single, pas une playlist.

Le fil rouge du cours : on lance deux dés et on regarde la somme, Ω = {2, 3, …, 12}. Avec ce fil rouge, tout le vocabulaire :

VocabulaireSignificationNotationExemple (deux dés, la somme)
Événement élémentaire ωun seul résultat de l'expérienceω ∈ Ω« obtenir 7 » : {7}
Événement Aun ensemble de résultatsA ⊂ Ω« la somme est paire » : {2;4;6;8;10;12}
Événement impossiblene se réalise jamais∅« obtenir plus que 13 »
Événement certainse réalise toujoursΩ« obtenir au moins 2 »
A et Bles résultats communs aux deuxA ∩ Bpaire et multiple de 3 : {6;12}
A ou Bles résultats de l'un ou de l'autreA ∪ Bpaire ou multiple de 3 : {2;3;4;6;8;9;10;12}
A et B disjoints (incompatibles)aucun résultat communA ∩ B = ∅« obtenir 7 » et « multiple de 3 »
Différence symétriquedans l'un ou l'autre, mais pas les deuxA ∆ B{2;3;4;8;9;10}
Événement contraire de Atout ce qui n'est pas dans AĀ = Ω \ A« la somme est impaire » : {3;5;7;9;11}

Ces symboles, tu les connais déjà : ce sont les opérations sur les ensembles de la Leçon 1 (l'union englobe tout, l'intersection garde le commun, le complémentaire retourne la sélection). En images :

Le vocabulaire ensembliste en images : l'intersection (les deux à la fois), l'union (au moins l'un des deux), la différence (A sans B) et le complémentaire (tout sauf A).

Contraire ≠ disjoints — le piège classique

Deux événements disjoints ne se recouvrent pas, mais ils peuvent très bien être tous les deux faux (obtenir 7 et obtenir 8 : c'est l'un ou l'autre… ou aucun des deux). Deux événements contraires, eux, se partagent tout l'univers : exactement l'un des deux se réalise, à chaque fois. De plus, contrairement aux contraires, des événements disjoints ne sont pas forcément de même « taille ».

La définition : deux axiomes et tout en découle

Une probabilité sur un univers Ω, c'est une façon de donner à chaque événement un nombre entre 0 et 1 — sa « part de chances » — en respectant deux règles du jeu (les axiomes) :

  1. P(Ω) = 1 : quelque chose va forcément arriver. Le hasard ne peut pas sortir du menu.
  2. Pour des événements disjoints A₁, A₂, … : P(A₁ ∪ A₂ ∪ …) = P(A₁) + P(A₂) + … — si les cas ne se recouvrent pas, on additionne. (Tu reconnais le principe additif du dénombrement !)

L'image : la probabilité est un gâteau de 100 % qu'on partage entre les événements. Deux personnes ne peuvent pas avoir la même part si elles sont assises sur la même chaise (disjonction), et toutes les parts mises bout à bout reconstituent le gâteau entier.

De ces deux axiomes découle la boîte à outils suivante :

P(Ā) = 1 − P(A)            (et en particulier P(∅) = 0)
P(A ∪ B) = P(A) + P(B) − P(A∩B)
Si A ⊂ B, alors P(A) ≤ P(B)

La première est le réflexe le plus rentable du semestre : l'astuce du « au moins un ». Compter directement « au moins un… » veut souvent dire compter beaucoup de cas ; son contraire, « aucun… », se compte souvent en une ligne. Donc : P(au moins un) = 1 − P(aucun). La deuxième, elle, corrige le sur-comptage : si tu additionnes P(A) et P(B), la zone A∩B est comptée deux fois (une fois dans A, une fois dans B) — on la retire une fois.

L'équiprobabilité : quand tous les cas se valent

Situation idéale (et hyper fréquente dans les exercices) : quand tous les résultats élémentaires ont la même chance de sortir — un dé bien équilibré, un jeu bien mélangé, un tirage au sort honnête — on dit qu'on est en situation d'équiprobabilité. Chaque résultat élémentaire vaut alors 1/n, où n est le nombre d'éléments de Ω : le gâteau est coupé en parts égales.

Et là, tout le travail de la Leçon 1 arrive : la probabilité d'un événement A se calcule en comptant des cas :

P(A) = nombre de cas favorables / nombre de cas possibles = #(A) / #(Ω)

Exemple du cours : on tire une carte d'un jeu de 32 cartes. Chaque carte a la même chance (1/32) d'être tirée. La probabilité de tirer un trèfle ? 8 trèfles sur 32 cartes : P(T) = 8/32 = 1/4. Un as de trèfle ? 1 seule carte : 1/32. Un as ou un trèfle ? P(A∪T) = P(A) + P(T) − P(A∩T) = 4/32 + 8/32 − 1/32 = 11/32 — la formule d'union sert dès que deux événements se recouvrent (l'as de trèfle compté deux fois).

Le réflexe d'examen

« Au hasard », « bien équilibré », « identique » dans un énoncé = situation d'équiprobabilité : compte les cas favorables et les cas possibles avec la Leçon 1 (arrangements, combinaisons…), puis divise. Sans équiprobabilité (un dé truqué, des proportions données), il n'y a pas de division magique : on raisonne avec P(Ā) = 1 − P(A), la formule d'union, et la somme des probas qui vaut 1 — c'est tout l'exercice 3 ci-dessous.

Exercices

Les huit exercices de la fiche de TD n°2, énoncés en condensé. Cherchez avant d'ouvrir chaque solution — et garde un œil sur les deux paradoxes de fin de fiche : ils réveillent tout le monde en TD.

Exercice 1 — Le dé et sa mémoire

On lance un dé bien équilibré 60 fois. La face 1 est sortie 20 fois, la 2 quinze fois, la 3 six fois, la 4 douze fois, la 5 sept fois. Quelle est la probabilité que lors du 61ᵉ lancer la face 1 apparaisse ?

Exercice 2 — Combien de pièces défectueuses ?

Dans une production, il y a 3 % d'objets défectueux. On prélève au hasard un lot de 100 pièces. Combien y a-t-il d'objets défectueux dans le lot ?

Exercice 3 — Le dé truqué

Un dé cubique truqué, faces numérotées de 1 à 6. On note pᵢ la probabilité d'obtenir le résultat i, et on sait que :

  • autant de chance d'obtenir le 1 que le 2 ;
  • 3 fois plus de chance d'obtenir le 3 que le 1 ;
  • 2 fois plus de chances d'obtenir le 2 que le 4 ;
  • autant de chance d'obtenir le 5 que le 3 ;
  • 2 fois plus de chance d'obtenir le 6 que le 4.
  1. Déterminer les nombres pᵢ. 2. Calculer P(« obtenir un numéro pair »).

Exercice 4 — Traduire des événements (UE1, UE2)

Au semestre 2, on choisit au hasard un étudiant de première année. On note A : « l'étudiant a validé l'UE1 » et B : « il a validé l'UE2 ». Sur un diagramme de Venn, représenter puis interpréter par une phrase : (A∩B)‾, Ā∩B, Ā∪B, (A∪B)‾, A∪B̄ et A∩B̄.

Exercice 5 — Cadres et bilingues

Dans un groupe de 100 employés, on dénombre 45 cadres, 40 employés parfaitement bilingues, 25 cadres parfaitement bilingues. On choisit un employé au hasard. Quelle est la probabilité qu'il présente au moins un des deux caractères cadre ou bilingue ?

Exercice 6 — Vaccins (fièvre jaune et diphtérie)

Dans une population, 45 % des individus sont vaccinés contre la fièvre jaune, 60 % contre la diphtérie, et 30 % contre les deux. Quelle est la probabilité, pour un individu choisi au hasard, de n'être vacciné ni contre la fièvre jaune, ni contre la diphtérie ?

Exercice 7 — Le paradoxe des deux enfants

Problème de Martin Gardner (Scientific American, 1959). 1. Mr Jones a deux enfants. L'aîné est une fille. Quelle est la probabilité que les deux soient des filles ? 2. Mr Smith a deux enfants. Au moins l'un est un garçon. Quelle est la probabilité que les deux soient des garçons ?

Exercice 8 — Le paradoxe des anniversaires

Combien faut-il réunir de personnes pour que la probabilité que deux personnes au moins soient nées le même jour dépasse 50 % ?

A retenir

  • l'univers Ω est la liste de tous les résultats possibles ; un événement est un sous-ensemble de Ω — le choix de Ω dépend de ce qu'on observe (deux pièces notées ≠ nombre de Face) ;
  • le vocabulaire ensembliste (∩, ∪, ∅, contraire, disjoints, ∆) se traduit en phrases : « et », « ou », « jamais », « tout sauf » — et Morgan : (A∪B)‾ = Ā∩B̄, (A∩B)‾ = Ā∪B̄ ;
  • deux axiomes : P(Ω) = 1 et l'additivité sur les disjoints ; d'où P(Ā) = 1 − P(A) (l'astuce « au moins un ») et P(A∪B) = P(A) + P(B) − P(A∩B) ;
  • en équiprobabilité : P(A) = cas favorables / cas possibles = #(A)/#(Ω) — tout le dénombrement de la Leçon 1 sert ici ;
  • une probabilité n'est pas une garantie (3 % ≠ 3 pièces défectueuses), et le hasard n'a pas de mémoire (le 61ᵉ lancer reste 1/6).

cours-probas-probas-conditionnelles.pdf

R3.08 · Leçon 2 — Probabilités élémentaires (cours complété)

Consultation seule — téléchargement désactivé

Chargement du document…

fascicule-td-probas.pdf

R3.08 · Fascicule de TD — énoncés des fiches

Consultation seule — téléchargement désactivé

Chargement du document…

exercices-probas-simples-corriges.pdf

R3.08 · Fiche de TD n°2 — corrigé manuscrit

Consultation seule — téléchargement désactivé

Chargement du document…

Dernière mise à jour le

Sur cette page