Ch. 7 — Ergonomie et heuristiques
Les 8 critères ergonomiques de Bastien & Scapin avec leurs sous-critères, les 10 heuristiques de Nielsen et les 7 règles d'or de Coutaz — pour critiquer et justifier une interface avec des critères nommés.
Trois référentiels, un même réflexe
Le cours mobilise trois référentiels qui se recoupent largement : les 8 critères ergonomiques de Bastien et Scapin, les 10 heuristiques de Nielsen et les 7 règles d'or de Coutaz. Le réflexe à acquérir est le même pour les trois : critiquer une interface avec des critères nommés, pas avec son goût. Chaque critère est illustré en cours par des cas « à faire / à ne pas faire ».
Les 8 critères de Bastien & Scapin
1. Guidage
Les moyens mis en œuvre pour conseiller, orienter, informer et conduire l'utilisateur lors de ses interactions (messages, alarmes, labels…). Quatre sous-critères :
- incitation — signaler ce que l'on peut faire, où l'on en est ;
- groupement/distinction entre items — regrouper par famille ou tâche, encadrer et nommer, aligner, titrer, fournir des valeurs initiales, une taille adaptée, une aide contextuelle ;
- feedback immédiat — changer l'apparence d'un objet sélectionné, changer le curseur pour les attentes courtes, afficher un indicateur de progression pour les tâches plus longues (supérieures à 5 s) ;
- lisibilité — une information lisible, pas des mots collés bout à bout.
2. Charge de travail
Réduire la charge perceptive et augmenter l'efficacité du dialogue. Sous-critères : brièveté — concision et actions minimales (un formulaire qui demande 16 clics là où 4 suffisent) — et densité informationnelle, adaptée à l'écran et à l'utilisateur. Corollaire célèbre : faire reconnaître plutôt que se rappeler.
3. Contrôle explicite
Deux aspects : le système ne prend en compte que les actions explicites demandées par l'utilisateur, et l'utilisateur garde le contrôle — laisser l'initiative, permettre de basculer d'une activité à l'autre, d'arrêter ou d'interrompre. Contre-exemple : un enregistrement automatique sans information.
4. Adaptabilité
La capacité du système à réagir selon le contexte et les besoins des utilisateurs : flexibilité — plusieurs façons d'effectuer la même action, comme copier un fichier par glisser-déposer, copier-coller, menus, raccourcis clavier ou boutons — et prise en compte de l'expérience : raccourcis clavier pour les experts, invisibles pour les débutants ; personnalisation des actions fréquentes.
5. Gestion des erreurs
Tous les moyens d'éviter, de réduire et de corriger les erreurs, en trois sous-critères :
- protection contre les erreurs — protéger les actions sensibles, griser les commandes indisponibles, fournir les valeurs attendues ;
- qualité des messages — informatifs, constructifs, compréhensibles, amicaux, montrant la cause et la solution ; quatre types : information, avertissement, erreur bloquante, indication de progression ;
- correction des erreurs — la commande annuler, la vérification des saisies, des messages explicites.
6. Homogénéité / cohérence
La façon dont les choix de conception sont conservés pour des contextes identiques et différents pour des contextes différents : cohérence d'apparence, de position et de comportement dans un même logiciel ; alignements et espacements réguliers ; cohérence entre les logiciels d'une suite — les utilisateurs ont des attentes liées à l'utilisation d'autres interfaces.
7. Signifiance des codes et dénominations
L'adéquation entre l'objet ou l'information affichée — ou entrée — et son référent : un libellé, une icône ou un code doivent évoquer sans ambiguïté ce qu'ils désignent.
8. Compatibilité
L'accord entre les caractéristiques des utilisateurs (mémoire, perceptions, habitudes, compétences, âge, attentes) et des tâches, et l'organisation des sorties, des entrées et du dialogue de l'application ; elle concerne aussi la similitude entre environnements. À prendre en compte : l'âge, le niveau « technologique », les handicaps, la fréquence d'utilisation.
Aide et documentation
Il est préférable qu'il n'y ait pas besoin de documentation ; mais quand elle existe, elle doit être simple à chercher, centrée sur les tâches des utilisateurs, énumérer des étapes concrètes — et ne pas être trop importante.
Les 10 heuristiques de Nielsen
- proposer des dialogues simples, naturels et minimum ;
- parler le langage de l'utilisateur ;
- minimiser la charge de mémoire de l'utilisateur ;
- être cohérent, respecter les standards ;
- refléter le monde réel ;
- fournir un retour à l'utilisateur ;
- permettre une personnalisation pour les utilisateurs expérimentés ;
- prévenir les erreurs ;
- aider l'utilisateur à reconnaître, diagnostiquer et réparer les erreurs ;
- rendre accessible aide et documentation.
Les 7 règles d'or de Coutaz
- lutter pour la cohérence ;
- lutter pour la concision ;
- réduire la charge cognitive ;
- mettre le contrôle entre les mains de l'utilisateur ;
- souplesse d'utilisation ;
- structurer le dialogue ;
- prédire les erreurs.
A retenir
- Bastien & Scapin fournissent le référentiel le plus fin : 8 critères, chacun avec ses sous-critères (guidage, charge de travail, contrôle explicite, adaptabilité, gestion des erreurs, cohérence, signifiance, compatibilité) ;
- Nielsen (10 heuristiques) et Coutaz (7 règles) disent la même chose autrement : trois vocabulaires pour un même geste d'analyse ;
- en TD comme en SAÉ, chaque remarque sur une interface doit s'appuyer sur un critère nommé et une argumentation — pas sur une impression.
R2.02 - Cours 7 - Heuristiques et recommandations.pdf
R2.02 · Cours 7 — Heuristiques et recommandations · 48 diapositives
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Dernière mise à jour le
Ch. 5-6 — Conception et prototypage
Conception centrée utilisateurs et ISO 9241, personas et analyse des tâches, brainstorming — puis séquences d'interaction, schémas d'interface et prototypage papier avec ses rôles et son protocole.
Ch. 8 — Modèles et théories
Variables visuelles de Bertin, traitement pré-attentif et Gestalt, lois de Fitts et de Hick-Hyman, 7±2, modèle perceptuel vs conceptuel, affordances et KLM avec ses opérateurs.