Ch. 6 — Routage
Routage direct (bus, étoile) et indirect : la trame change à chaque saut mais l'IP persiste — tables de routage, lecture sur Linux, Windows et Cisco, construction statique ou dynamique.
Routage direct : le même réseau
Quand source et destination appartiennent au même réseau local, pas besoin de passerelle : c'est le routage direct. Selon la topologie :
- en bus : le signal est reçu par tous, la communication est multi-point — aucune passerelle n'est nécessaire ;
- en étoile : une passerelle est nécessaire. Avec un commutateur (switch), le signal n'est reçu que par le segment du destinataire (communication point à point) ; avec un répéteur (hub), il est reçu par tous (multi-point).
Dans les deux cas, la communication nécessite une trame portant l'adresse MAC de destination.
Routage indirect : bout en bout par morceaux
Dès que source et destination sont sur des réseaux différents, les messages traversent des réseaux intermédiaires : c'est le routage indirect. La communication de bout en bout devient une chaîne de communications point à point, indépendante des topologies physiques des réseaux locaux traversés. Il faut des passerelles — les routeurs — qui permettent le passage entre réseaux voisins ; chaque routeur sélectionne le prochain intermédiaire (un autre routeur, ou le destinataire final).
La trame change, l'IP persiste
C'est le point capital du chapitre, illustré par l'exemple IP du cours : entre la machine
src (réseau 1) et dst (réseau N), chaque trame est réécrite, mais le datagramme reste
identique :
Trame 1 Src : MAC src Dst : MAC R11 ┐
Trame 2 Src : MAC R12 Dst : MAC R21 │ Datagramme IP inchangé :
... ├ Src : IPsrc
Trame N-1 Src : MAC R(n-1)2 Dst : MAC RN1 │ Dst : IPdst
Trame N Src : MAC Rn2 Dst : MAC dst ┘ Data : « mon message »Qui gère cette réécriture ?
C'est le niveau liaison de données : la trame change à chaque saut — elle contient les adresses MAC du saut courant et encapsule le datagramme IP. Les adresses IP, elles, persistent de bout en bout : source et destination ne bougent pas.
La table de routage
Chaque machine maintient sa table de routage, locale. Chaque ligne indique au minimum un destinataire à atteindre et la direction pour l'atteindre — avec la nécessité d'une route par défaut pour les destinations inconnues :
- un destinataire, c'est OU une adresse de machine, OU une adresse réseau, OU une adresse de broadcast, OU une adresse de multicast ;
- une direction, c'est ET l'interface réseau à utiliser pour sortir, ET — OU le prochain routeur à atteindre (routage indirect), OU la machine de destination (routage direct) ;
- on y ajoute souvent une métrique (coût, distance…).
Lire sa table de routage
Sous Linux / macOS, deux commandes équivalentes :
root@test:~# ip route show
default via 10.0.2.2 dev enp0s3 proto dhcp metric 100
10.0.2.0/24 dev enp0s3 proto kernel scope link src 10.0.2.15 metric 100
root@S203:~# route -n (ou netstat -rn)
Destination Passerelle Genmask Indic Metric Iface
0.0.0.0 10.0.2.2 0.0.0.0 UG 100 enp0s3
10.0.2.0 0.0.0.0 255.255.255.0 U 100 enp0s3La ligne default (ou 0.0.0.0 avec l'indicateur UG) est la route par défaut ; la
ligne 10.0.2.0/24 est le réseau directement connecté (U = up, sans passerelle).
Sous Windows : netsh interface ipv4 show route ou route print -4 — même lecture,
avec 0.0.0.0/0 via la passerelle (ex. 192.168.1.254) et le réseau 192.168.1.0/24
« On-link ». Sur un routeur Cisco, show ip route affiche des codes par origine :
C connected, S static, R RIP, O OSPF, B BGP… — la route par défaut y apparaît en
S* (par exemple S* 0.0.0.0/0 [1/0] via 195.238.2.22), avec la mention gateway of last
resort.
Construire la table : statique ou dynamique
- Statique — construite manuellement :
ip route add default via 10.0.2.2 dev ens3
route add default gw 10.0.2.2 dev ens3- Dynamique — construite automatiquement : les protocoles de routage découvrent les
routes puis les sélectionnent selon un algorithme. Deux familles :
- les états de liens : une vue « complète » du graphe de connexion — l'algorithme sous-jacent connu est Dijkstra ;
- les vecteurs de distance : une vue à courte distance du graphe — l'algorithme sous-jacent connu est Bellman-Ford.
- Il existe aussi des méthodes mixtes, comme le protocole EIGRP (Cisco).
Le réflexe d'examen
Devant une question de routage, démarrez toujours par le test du chapitre 2 : calculer
IP et masque des deux bouts. Résultats égaux → routage direct (trame vers la MAC de
destination) ; résultats différents → routage indirect (trame vers la MAC du prochain
routeur, datagramme inchangé).
A retenir
- routage direct : même réseau, trame vers la MAC du destinataire (bus multi-point, étoile point à point avec un commutateur) ;
- routage indirect : réseaux différents, routeurs entre voisins, communication bout en bout = chaîne de point à point ;
- la trame change à chaque saut, le datagramme IP persiste — la couche liaison gère la réécriture ;
- la table de routage : destinataire (machine, réseau, broadcast, multicast) → direction (interface ET prochain routeur ou destination), plus métrique et route par défaut ;
- construction statique (à la main) ou dynamique (états de liens — Dijkstra ; vecteurs de distance — Bellman-Ford ; mixte — EIGRP).
R205-6-routage.pdf
R2.05 · Cours 6 — Notion de routage · 11 pages
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